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Inflation : il n’y a pas le feu au lac

24-09-2012

Dans l’optique des rounds supplémentaires des baisses de taux quantitatives entreprises par la Réserve fédérale et par la Banque du Japon, comme dans la perspective des achats obligataires prévus par la BCE, les critiques et les craintes par rapport au retour de l’inflation se sont intensifiées. Le grief le plus communément invoqué étant que l’inflation punit les épargnants. L’inflation rampante diminue certes incontestablement la valeur de l’argent… mais nul n’est supposé conserver ses économies dans un tiroir ou sous un matelas ! Une épargne peut en effet – et doit – être placée dans des contrats d’assurance-vie, des comptes d’épargne ou des plans retraite qui sont rémunérateurs en intérêts. Nulle stratégie viable et censée ne suggère ainsi de conserver chez soi ou dans un coffre des liquidités en nombre important qui, par définition, n’offrent aucune rentabilité. Voilà pourquoi cette création monétaire massive de la part de ces banques centrales ne saurait nuire à l’épargne du citoyen moyen et standard qui se verrait compensé par une majoration des intérêts offerts sur ses placements et, ce, à mesure de l’intensification des pressions inflationnistes. Les phobies inflationnistes sont au demeurant délibérément exagérées car il n’est plus question de revenir aux taux d’inflation en vigueur dans les années 70, qui dépassaient souvent 10%. L’objectif de nos banques aujourd’hui étant d’obtenir une inflation comprise entre 2 et 4%… Ne nous « prenons donc pas la tête » avec une inflation qui ne se matérialisera pas, ou si peu, et qui sera bienvenue afin de relancer la machine. C’est, en tout cas, l’espérance la plus chère de nos banquiers centraux. Nous ne serons en rien pénalisés car plus de « Regulation Q » comme dans les années 70 ! Pour mémoire, cette loi plafonnait les intérêts payés sur les placements d’épargne. Résultat : pendant que l’inflation s’envolait, les taux de rémunération, eux, étaient bloqués au-delà d’un certain niveau.

 
10 commentaires
  1. Cécile

    Bonjour M. Santi,

    Je ne comprend pas votre phrase quand vous dites « l’inflation punit les épargnants » !
    CHF 1.- restera toujours CHF 1.- que nous soyons en récession ou en inflation !

    merci

  2. 1 franc suisse restera bien-sûr toujours un franc suisse mais, à cause de l’inflation, vous pourrez vous payer moins de choses avec ce même franc suisse… à moins que votre banque n’augmente son taux de rémunération. Si l’inflation est de 5% et que vous percevez 3% d’intérêts, vous êtes perdante, etc …

  3. Raymond

    Bonjour M. Santi. Il me semble «qu’il n’y a pas le feu au lac » si nous faisons une totale abstraction des leçons apportées par la science, dite : Finance comportementale (FC). Suite au « dernier QE3 », peut-on pour autant en déduire que la manne providentielle attribuée par la FED aux banques (entre-autres, rachat de titres toxiques en échange de liquidités) va servir les intérêts de l’économie réelle et ne finira pas –pour l’essentiel – à nouveau dans le circuit des actifs financiers via le Shadow Banking ? A contrario, le taux d’inflation réelle s’éloignerait significativement de sa position rampante en boutant « le feu aux lacs », non ?

  4. vous avez mille fois raison en effet, ces QE 3 ne profiteront qu’à l’establishment, feront grimper les bourses et les laissés-pour-compte … eh bien, resteront livrés à eux-mêmes, comme d’habitude

  5. Raymond

    Parlez-moi d’intérêts : « Les banques utilisent également les taux Libor comme taux de base pour définir les taux d’intérêt sur les prêts à court terme et les comptes d’épargne… »

    http://www.lafinancepourtous.com/Actualites/Le-scandale-du-Libor

  6. oui, j’en parle dans mon livre …

  7. Raymond

    le message intrinsèque de votre ouvrage me séduit plus que « le picking » de quelques arcanes (certaines n’ayant pu m’échapper). Il me tarde vraiment de le lire. Bien à vous.

  8. est-ce de l’avant-propos de P. Artus dont vous parlez?

  9. Toledo

    L’inflation, ce n’est pas qu’un taux, c’est une température ! C’est la température de l’envie d’avoir de l’argent rapidement, de dépenser, d’investir sans attendre, sans se préoccuper du taux. Donc, c’est un indicateur de (trop) bonne santé. Après, dans la durée, il faut savoir « gérer » son trop plein d’énergie, sinon la descente trop forte d’adrénaline , ce n’est pas planant. C’est le rôle de notre système monétaire (normalement géré avec « sagesse »). Donc avoir 4% d’inflation en moyenne, cela ne veut pas dire qu’on n’a pas le droit de se prendre +15% une année ! Après, il y a une équation à trouver entre la variation du salaire réel moyen (incluant donc l’inactivité, soit formation, retraite, chômage, loisir, temps de travail) et la productivité moyenne (incluant baisse des coûts du travail par l’automatisation et la compétition mondiale), en assaisonnant tout du facteur psy qu’est la confiance. Posez-vous donc la question : avez-vous confiance dans nos élites (patrons, fonctionnaires, élus), nos banques, nos assurances et systèmes de retraite, notre monnaie (pour ceux qui ont l’Euro par exemple), même les informations que nous lisons ? Si la réponse est non, comment voulez-vous que nous nous en sortions, autrement que par un changement complet, soit de mentalité, et/ soit de système ? Je ne vois ni volonté allant dans ce sens, ni solution alternative définitive : même les néo-socialistes ni croient plus …
    Et pourtant, pour ceux qui ont vécu dans l’angoisse atomique des guerres à répétition, des problèmes de malnutrition et de soins médicaux insuffisants, de travail pénible et de temps libre illusoire, de liberté d’expression bâillonnée : nous avons maintenant tous les outils pour vivre mieux et voir plus loin. Malheureusement, nous nous contentons de gérer la pénurie et de ne pas financer la croissance. Le développement de l’industrie financière est aussi du à cette incapacité de trouver des marchés aussi apparemment et facilement rentables : « je veux tout tout de suite ». Encore que la finance, c’est comme les centrales nucléaires : on voit bien ce que cela rapporte sur le moment, mais pas vraiment combien cela coûte en tout (en espérant que cela sera aux autres générations de payer la facture).

  10. Raymond

    M. Santi, il me semble que le synopsis consacré à votre ouvrage devrait inviter à la lecture, non seulement les néophytes en économie ou en finance, mais les initiés également (pour ne pas dire surtout). En ce qui me concerne, la commande de votre ouvrage m’est apparu comme une évidence (Après lecture, je ne manquerai pas de vous délivrer mes impressions).

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