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Les mentalités allemandes changeraient-elles?

25-10-2012

Telle qu’elle est structurée, l’Union européenne avantage nettement les petits pays dans le cadre de la crise actuelle. Quoique moins importants dans le fonctionnement de la zone euro, les petits pays jouissant d’excédents – ou à tout le moins d’équilibre budgétaires – ne se privent néanmoins pas de faire la leçon à leurs alter ego dans la tourmente. Comme les garanties récemment exigées aux grecs par les finlandais. Ou les menaces autrichiennes d’éjecter de l’Union les mauvais élèves. A l’extrême, ces nations européennes privilégiées, mais de taille modeste, peuvent également décider de quitter l’Union, sans conséquences dramatiques pour cette dernière. Ce que l’Allemagne ne pourrait à l’évidence faire, sans effets dévastateurs pour l’Union certes, mais aussi pour elle-même. Cette hypothèse où certains petits pays aux comptes publics sains quitteraient l’euro est du reste tout à fait probable, si les tourmentes devaient s’amplifier, ou simplement se prolonger encore quelques mois. A tout le moins, ils pourraient menacer de façon crédible d’abandonner l’union monétaire, ce dont l’Allemagne est incapable…car nul ne la prendrait au sérieux, tant les conséquences globales seraient incalculables et catastrophiques. Comme la monnaie unique se retrouverait simultanément dissoute, nul ne peut ni ne veux assumer en Allemagne de tettes responsabilités induisant un chaos incontrôlable, y compris au sein même du pays. En effet, la valeur du deutschemark retrouvé flamberait en ravageant la compétitivité de ses entreprises, sachant que les 2 trillions d’euros dus à l’Allemagne par Target 2…ne vaudraient plus rien !

 

Mais interrompons là ce cauchemar absolument irréaliste car le temps joue incontestablement en faveur des pays européens périphériques et, en conséquence, contre l’Allemagne. Se rendant progressivement compte que le remède de l’austérité est pire que le mal des déficits publics, elle sera immanquablement amenée à revoir ses positions, comme ses exigences. Il y a fort à parier que des compromis seront trouvés – au fil de négociations marathons dont seule l’Europe a le secret – entre les tenants de la stricte orthodoxie budgétaire et les nations sinistrées et convaincues que la rigueur pour la rigueur conduira au désastre. L’Allemagne est aujourd’hui parfaitement consciente –elle l’a enfin compris ! – qu’elle ne pourra jamais modeler l’Union européenne à son image. Comme les dirigeants et politiciens allemands se sont rendus compte de leur échec à solutionner l’intense crise du continent par des mesures d’austérité totalement contre productives, et ravageuses pour l’image de leur pays. Ce glissement imperceptible d’un leadership allemand ayant admis les limites de sa vision est du reste tout à son honneur. Il dénote le pragmatisme de responsables comprenant progressivement que les seules mesures d’assèchement budgétaire ne contiendront nullement la crise.

 
6 commentaires
  1. Dimitri

    Bonjour Michel,

    Malgré un ‘retour en arrière’ sur les politiques d’austérités a mener, a tout le moins l’assouplissement dans le temps de celles-ci, je crains qu’il ne soit plus possible d’inverser la vapeur suffisamment pour retrouver cette croissance perdue, du moins une croissance suffisante pour assurer le remboursement correct de la dette. Que dire des QEtc.. qui n’ont rien relancés ?
    De plus la BCE s’est engagée a racheter de façon illimitée, et c’est là que le problème devient insoluble.
    La banque centrale sera forcée de monétiser à outrance, beaucoup plus que ce la FED ne le fait, ou bien de stériliser la création monétaire.
    La première façon rendra l’Allemagne réticente a rester dans l’euro tandis que le deuxième procédé rendra inefficace le programme OMTs renforçant la spéculation et contre la zone euro et contre elle pour in fine faire sauter la banque centrale…
    Assurément je ne vois d’alternative a une dissolution partielle et ordonnée via un retour a une sorte de SME.
    C’est en ces termes que j’ai analysé le récent programme OMTs anticipant une faillite prochaine de la BCE – voir lien -
    Qu’en pensez vous ?

    Bien a vous.

    http://www.dailyfx.com/actualite_forex_trading/fondamentaux/strategie_forex/2012/10/03/dimitri2.html

  2. il est encore possible de sauver les meubles en mutualisant immédiatement! …sinon, gare en effet aux conséquences incalculables qui menacent et qui sont imminentes.

  3. tal

    En cas de retour au DM, celui ci ne resterait pas très longtemps à une valeur élevée compte tenu du choc sur l’économie allemande. Les monnaies du Sud dévalueraient instantanément, mais le DM suivrait un peu plus tard.

  4. tal

    De surcroit à une convergence des taux à moyen terme dans le cas de retour des monnaies nationales, l’Allemagne et les pays similaires peuvent emprunter le méthode suisse pour freiner leurs taux. Par ailleurs, l’élasticité prix des exportations allemandes est faible, ce qui limite la casse.

    L’emploi du Kurtzarbeit permet aussi un amortisseur sur environ 2 ans, sans compter l’aptitude meilleure des pays du nord à faire de la dévaluation interne.

    Les pays du sud sont touristiques, une dévaluation monétaire corrigerait leur balance commerciale.

    Il y a en fait de nombreux paramètres d’amortissement d’une sortie de l’Euro.

    Personne ne sait réellement ce qui se passerait.
    Le maintien de l’Euro sans fédéralisme est une lente agonie, et le fédéralisme est pour le moment tout autant imprévisible.

  5. Raymond

    Après l’inventaire « des crayons »…peut-on véritablement exclure – en voulant sauver « ses cahiers du feu » – que « le bon élève » ne fomente pas un coup de Trafalgar dans la coulisse européenne ?

    http://www.finyear.com/Allemagne-France-Royaume-Uni-la-guerre-est-declaree_a24508.html

  6. Dimitri

    Une mutualisation totale des dettes n’adviendra pas tant que Merkel sera vivante – ce sont ses mots ; même avec ces d’euro-bonds des 17(-1) je ne vois d’autre alternative a la guerre généralisée/guerre civile/retour au SME car la croissance mondiale a disparu pour 20 ans au bas mots..

    L’avenir nous dira :X

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