L’or des allemands
Saviez-vous que l’Allemagne ne conservait pas son stock d’or chez elle, auprès de sa banque centrale à Francfort ? Cette information cruciale était connue de très peu de monde…jusque là. Car des rumeurs étranges et des informations inhabituelles circulent tout récemment à propos des réserves allemandes en métal jaune. De fait, nous assistons depuis quelques petites semaines à la montée en puissance progressive d’une campagne visant à rapatrier ces stocks d’or qui se trouvent physiquement hors du pays, soit à New York, à Londres et à Paris. Cette absence d’Allemagne de ses réserves d’or est un phénomène d’autant plus étrange qu’elle jouit d’un stock monumental de 3’400 tonnes – le deuxième au monde! -, détenant ainsi bien plus que l’Italie (2450 tonnes) et que la France (2435 tonnes). Un peu d’histoire : c’est en effet sous le système « Bretton Woods » que l’Allemagne – traditionnellement pays à forts excédents commerciaux – avait accumulé ces réserves, à une période où l’étalon or avait encore tout son sens. C’est également du fait des aléas de l’Histoire – cette fois avec un « H » – que la République Fédérale d’Allemagne avait stocké ces réserves hors du pays, par crainte d’une invasion Soviétique… C’est ainsi que la Réserve fédérale US détient aujourd’hui 66% des réserves d’or allemandes alors que la Banque d’Angleterre en conserve 21% et la Banque de France 8%.
De fait, c’est quasiment l’hystérie collective qui règne aujourd’hui parmi les allemands de toutes classes confondues – du simple citoyen au responsable politique – qui exigent le rapatriement de ces immenses réserves du métal précieux. L’équivalent de la Cour des comptes allemande elle-même a requis d’inspecter 150 tonnes de cet or afin de vérifier si sa teneur était conforme à ce qui figure aux comptes publics du pays. Y aurait-il comme de la suspicion dans l’air ? Les autorités allemandes accuseraient-elles les Etats-Unis ou l’Italie ou la France (ou toutes les trois) de diluer leur or ? Quoiqu’il en soit, l’exigence de cet audit par la Cour des comptes allemande démontre l’intensité de cette psychose saisissant actuellement l’ensemble de la population allemande, ayant même nécessité la publication d’une déclaration solennelle par la vénérable Bundesbank qui a affirmé que ses réserves d’or localisées à l’étranger étaient en sécurité !
Toujours est-il que cette rébellion allemande est riche de sens. En effet, elle achève tout d’abord de nous démontrer que l’état d’esprit allemand ayant prévalu depuis 1945 et qui soudait le sort de sa nation à l’Occident – en tout cas à l’Europe -, que cet état d’esprit a vécu. Pour laisser aujourd’hui la place à l’Allemand farouche défenseur de ses intérêts nationaux, ce qui est certes un réflexe naturel, mais qui en dit long sur le chemin parcouru par les mentalités allemandes, notamment depuis la crise européenne. Pour autant, cette volonté de rapatrier ce trésor à l’intérieur des frontières du pays indique également une perte totale de confiance des allemands envers l’euro. Leur souci étant effectivement de disposer de ces stocks en cas d’implosion de la monnaie unique, afin d’équilibrer et de conforter le retour éventuel du deutschemark. Il va de soi que, dans de telles conditions extrêmes, la présence de cet or dans les coffres de la Bundesbank et sous son contrôle, serait nettement plus rassurante… Autrement dit, cette campagne allemande visant à ramener leurs réserves d’or dans le giron national est également un acte de défiance incontestable vis-à-vis de l’euro, et en faveur d’un actif – l’or – inspirant aux allemands bien plus confiance que la monnaie unique. En réalité, l’allemand de base attend avec impatience cette sortie de l’euro.
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envoi en cours...
Bonjour.
« une perte totale de confiance des allemands envers l’euro. »
Franchement, je me mets à leur place. Je suis d’ailleurs très étonné qu’ils se réveillent si tard, après tout ce qu’on a pu lire sur les démarches du GATA, et, même de Ron Paul, pour un audit de Fort Knox.
Les banques centrales Asiatiques ont fort bien compris qu’il était urgent de diversifier leurs réserves, en les adossant, au moins pour une partie, sur un actif tangible.
La période n’est pas très sûre pour la fiat currency, quelle qu’elle soit.
Faut dire quand même que le grand mensonge peine à s’imposer aux yeux des allemands…
Pendant des années leur patronat leur a fait croire que s’ils travaillaient dur, il pourrait mettre de l’argent de côté, capitaliser et passer gaiement le mur du vieillissement, le péril « V », la retraite.
A y regarder c’est assez cocasse, la volonté de rigueur allemande repose sur le principe que ce sont les autres pays qui vont devoir payer, via les prêt consentis, la retraites du pays le plus riche.
Sauf que dans ce même pays 20% des travailleurs sont des travailleurs pauvres, à peine capable de subvenir à leur besoin, et pour un certain nombre (les fameux mini job) exemptés de cotisations sociales. C’est à dire que c’est job n’apportent pas la productivité requise pour entretenir une partie des ainés.
Le problème c’est que l’économie est flux et non pas stock, la valeur d’une chose est déterminé au moment de sa vente, pas en amont, elle vaut donc une valeur correspondante à la richesse du moment pas à celle anticipée, ni même celle au moment du dépôt. Il en est de même des investissements, des taux d’intérêts, de l’immobilier etc…
Alors en effet les allemands peuvent avoir peur pour leur avenir, mais pour cela il fallait entretenir et faire prospérer ces partenaires commerciaux au lieu de leur mettre la tête sous l’eau…Pour l’instant ils ont trouver un bouc émissaire en la personne de la BCE( et des grecs, des espagnols, et bientôt des français), alors que celle-ci vient de leur éviter de faire sombrer le système bancaire allemand, lourdement engagé en Espagne.
Là où je devient pessimiste c’est qu’ils risquent de rejeter sur leur partenaire la cause du naufrage sans comprendre qu’ils s’y sont mis tout seul.
Et à part vouloir restaurer l’étalon-or (dont peu d’économie y verrait un avantage) leur or ne vaudra pas grand chose.
absolument d’accord avec vous concernant la « relique barbare ».
pour le reste, mes analyses précédentes tentent désepérément de pointer du doigt les déséquilibres massifs induits par le comportement des citoyens, des banques, du gouvernement allemands…
#Toutvabien
C’est en cours..les allemands se préparent a la dislocation de l’EURSS depuis un moment. Une fois l’union bancaire faites alors on pourra s’y atteler, via fusions, petites faillites, haircut et autres petites animations de marchés.
Qui paiera la note ? Le bon peuple mais cette fois-ci sans travail ça ne passera pas.
Ca peut bien durer 1/2/5/10/15 ans mais qu’importe c’est définitivement mourru.
Bienvenue dans le monde de la décroissance forcée.
Merci M. Santi…vous avez décrypté le nom de code : « crayons » (respectivement inventaire « des crayons ») et votre billet de ce jour trouve ainsi une place de choix.
Post du 23.10.2012 : « ….si vous le dîtes…mais en attendant il procède à l’inventaire de « ses crayons » et ce « cygne » ne m’augure rien qui vaille »
http://www.gestionsuisse.com/2012/lunion-europeenne-sera-une-union-de-partage-ou-ne-sera-pas/
Billet fort intéressant, comme d’ habitude… On dirait que, petit à petit, on se dirige vers un « détricotage » de l’euro ?
E mail m’ayant été envoyé en réaction à cet article que je joins ici:
« Ressortissant allemand, residant en France et citoyen d’Europe je suis outre par votre campagne de desinformation melange avec des ressentiments anti-allemands. Avec votre prestation sur « l’or du Rhin » vous avez vraiement depasse les bornes.
Vous ignorez deliberement l’engagement europeen amplement manifeste par les votes de plus de deux tiers du Parlement, l’arret de la Cour Constitutionnelle et les declarations du gouvernement et de l’opposition parlementaire.
L’Europe est un bien precieux qui ne doit pas etre dilapide. Elle doit progresser sur la base de solidarite et de responsabilite avec une vision d’integration politique.
Comme dans chaque societe democratique l,avenir de l’Europe fait objet d’un large debat en Allemagne. Je peux vous assurer, qu’apart une infime minorite, les citoyens comme les dirigeants souhaitent la preservation de l’Euro et le renforcement de l’ Union monetaire qu’ils considerent comme element essentiel de la construction europeenne.
Rainer Geiger »
sylvain
« A y regarder c’est assez cocasse, la volonté de rigueur allemande repose sur le principe que ce sont les autres pays qui vont devoir payer, via les prêt consentis, la retraites du pays le plus riche. »
Il semble plutôt que l’Allemagne ne soit pas aussi riche que vous l’affirmez :
« La dette nette de l’Etat est de l’ordre de 80 % du PIB et le patrimoine net de la population française de 510 % du PIB. Au total, les Français sont encore plus riches que les Italiens, avec environ 135 000 euros par tête en 2011. De quoi faire rêver les Allemands : le patrimoine net des particuliers et de l’Etat y est de 320 % du PIB, très proche du ratio finnois, mais avec un PIB par habitant plus faible, cela ne représente que 100 000 euros par tête. »
http://s182403251.onlinehome.fr/spip.php?article886
et ma réponse:
je ne fais que décrire une réalité et ne suis mû par aucune volonlté de manipulation. La quantité d’articles écrits par moi à ce sujet devrait vous convaincre que votre pays – l’Allemagne – fait systématiquement les mauvais choix dans le cadre de la crise actuelle.
@ Rainer Geiger
Les confidences d’un passant « De La Rue » : nfo ou intox ? Mystère et boules de gomme ! Par retour de bobine….que pouvait-on déjà lire – fin 2011 – sur le blog du Dr Pippa Malmgren (ex-conseillère du Président Bush ? Retour de bobine > […La nouvelle devrait faire l'effet d'une bombe si cela est avéré : l'Allemagne réimprimerait des Marks, selon les affirmations du Dr Pippa Malmgren sur son blog. L’Américaine Pippa Malmgren, 49 ans, n’est pas n’importe qui, experte du monde politique et économique, ancienne conseillère économique du Président américain Georges W. Bush, elle a une connaissance pointue de la Deutsche Bank. Que nous apprend-elle sur son blog ? Selon elle, les Allemands auraient annoncé qu’ils comptent réintroduire le Deutsche Mark sur les marchés. Ils ont déjà commandé la nouvelle monnaie et ont même demandé à leurs imprimeurs de se dépêcher. Le Vice-chancelier allemand, Philippe Roesler, a prononcé un discours en septembre dans lequel il dit qu’il n’y aura pas un sauvetage de plus d’un pays de la zone euro. Cette déclaration intervient alors que tout le monde sait qu’il faudra bientôt venir en aide à l’Italie et à l’Espagne. Cette déclaration est en totale cohérence avec la position du peuple Allemand qui selon un sondage récent est à 70 % opposé à transférer les richesses allemandes pour sauver les nations sur-endettées. L’Allemagne a annoncé également qu’elle soutiendra ou nationalisera une partie voire toutes ses banques pour les sauver mais seulement ses banques. Ceci augmente donc le risque d’un défaut de paiement des pays de la zone euro qui sont affaiblis. Ce qui a amené Pippa Malmgren à ce constat c’est la déclaration récente de Christine Lagarde à Jackson Hole qui a reconnu que l’Allemagne ne pourra faire un "chèque" de renflouement pour aider les membres de la zone euro. Elle a dit "quelqu'un doit faire un chèque ou bien nous allons avoir des défaillances bancaires historiques multiples". Dans l’assistance tout le monde a bien entendu qu’il n’y avait aucun chèque à venir. Pippa Malmgren ajoute qu’il y aurait bien une garantie, celle des réserves d’or mais ces réserves sont insuffisantes. L’autre solution est la remise de propriété de l’actif des nations industrielles ce qui revient à dire une nationalisation des industries par un pays et donc d’un gouvernement étranger. Il n’y a pas pour Pippa Malmgrem de véritables garanties significatives. Et même la Chine ne peut faire un chèque assez gros pour remplir le trou des dettes cumulées des pays de la zone euro. Donc l’Allemagne réimprime ses Deutsche Mark pour se prémunir de la disparition de l’euro, afin de rester souveraine….]
Par ailleurs, en 2012, un sondage paru dans l’hebdomadaire allemand ‘Bild am Sonntag’, et relativement récent, montrait qu’une majorité d’Allemands se verrait bien sans la monnaie unique. 51% estimaient que leur économie se porterait mieux si elle ne faisait pas partie de la zone euro. Et 29% pensaient, au contraire, que la situation serait pire.
Franchement, Mme la Chancelière croît-elle vraiment pouvoir « franchir le Rubicon » sans faire de vagues ?
Existe-t-il une possibilité d’entrevoir la co-existence de 2 monnaies différentes en Allemagne? Un scénario avec l’Euro pour les échanges internationaux et un mark réservé au marché limité à l’Allemagne et aux pays de l’Est, excepté la Grèce, est une solution qui exista avant la guerre de 14-18 où l’Allemagne avait le marché, et les « alliés » les matières premières de leurs colonies. C’est grâce à ce marché de l’Europe centrale et orientale que se développa le mark, même jusqu’à la chute de l’URSS.
je ne crois pas. Il est en revanche possible que l’Allemagne fasse « sécession » en même temps qu’un noyau dur comprenant les Pays Bas, l’Autriche, voire la Suisse.
Il me semble que les réserves d’or des pays étrangers (Deutschland, Suisse etc… étaient stockés sous le World trade center en 2001.
Que voulez vous c’est ‘L’or du Rhin » Entre les nains et moi…