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	<title>Michel Santi</title>
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	<description>Economiste et Analyste Financier</description>
	<lastBuildDate>Tue, 14 Feb 2012 10:43:16 +0000</lastBuildDate>
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		<title>La malédiction de l&#8217;innovation financière</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 10:06:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Effet de levier, produits dérivés dits « exotiques », marchés à terme, titrisation…Doit-on se méfier des innovations financières ? La Science Financière se doit-elle d’être considérée avec suspicion dès lors qu’elle innove? Il est en effet impossible de tolérer davantage la sophistication – voire l’esprit décadent – de certains produits financiers dont l’unique objectif est trop souvent l’enrichissement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Effet de levier, produits dérivés dits « exotiques », marchés à terme, titrisation…Doit-on se méfier des innovations financières ? La Science Financière se doit-elle d’être considérée avec suspicion dès lors qu’elle innove? Il est en effet impossible de tolérer davantage la sophistication – voire l’esprit décadent – de certains produits financiers dont l’unique objectif est trop souvent l’enrichissement d’une certaine caste. Est-il judicieux pour autant de vouer aux gémonies l’ensemble des inventions financières ayant jalonné l’amélioration de notre niveau de vie? Après tout, nul ne songe à condamner internet pourtant à la base de l’implosion de la bulle des valeurs technologiques en 2000? Par ailleurs, le principe de la société anonyme et de la capitalisation boursière n’avait-il pas été accueilli avec grande méfiance au 19ème siècle par ceux qui étaient persuadés qu’il permettrait l’émergence d’entrepreneurs prompts à se défiler de leurs obligations? La responsabilité personnelle illimitée étant de mise à l’époque, comment envisager aujourd’hui le fonctionnement du monde économique et des affaires sans sociétés anonymes et sans bourses?<span id="more-2856"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par ailleurs, le crédit excessif est certes à l’origine de la frénésie immobilière dont la déliquescence (dès 2007 avec l’implosion des subprimes) a abouti à la crise actuelle mais l’expansion du crédit dégénère-t-elle systématiquement en bulle spéculative? Ne serait-ce pas plutôt à partir du moment où un titre se transforme en un titre de titres que le banquier se croit invulnérable et que tout espoir est vain? Car en effet toutes les innovations financières ne se valent pas : l’accès facilité et traditionnel au crédit fait incontestablement progresser la société dès lors que l’usage qui en est fait permet d’acquérir son logement ou de financer ses études. Toutefois, ce même crédit dispensé à travers des produits raffinés devient dévastateur s’il permet de spéculer en Bourse ou d’adopter des comportements irrationnels et dénués de toute justification économique. Ainsi, tandis que la Finance peut effectivement rendre notre monde meilleur en permettant à notre immense classe moyenne ainsi qu’aux plus démunis d’améliorer légitimement leur niveau de vie, elle se transforme en arme de destruction massive dès que certains en font un usage dévoyé! Alors : est-ce l’innovation financière ou ses applications spécifiques téléguidées par l’appât du gain et l’immoralité d’une minorité active qui sont nocives au système et à la société? Question subsidiaire : quel est le bilan global de l’apport de l’innovation financière sur l’économie réelle ? Car si la technique financière ne bénéficie que marginalement à la société durant les périodes fastes, sa capacité de nuisance est indéniablement catastrophique dès lors que le train déraille !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est donc impératif d’endiguer – voire de juguler- ce monde de la Finance ayant connu un développement spectaculaire et dont la contribution aux P.I.B. de nos pays développés n’a cessé de croître depuis 150 ans. Quelle est donc réellement la valeur ajoutée de la Finance et en quoi profite-t-elle à la productivité de l’économie? A cet effet, l&#8217;iconoclaste Paul Volcker, ancien Président de la Réserve Fédérale et conseiller de l’équipe Obama, avait émis le souhait que (en traduction libre) « quelqu’un lui amène des éléments de preuve corroborant le lien entre l’innovation financière et ses bénéfices apportés à l’économie ». La réponse se fait toujours attendre et les doutes sont autorisés&#8230;</p>
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		<title>Grèce : un accord en trompe l’œil</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 08:15:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà, c’est fait : l’accord qui devrait permettre à la Grèce d’éviter (selon la majorité des analystes et des dirigeants européens) le défaut de paiement en Mars prochain est entériné, non sans une soirée d&#8217;émeutes d&#8217;une population meurtie et abandonnée à son sort. Le plan exigé par l’Union et par le F.M.I. a donc obtenu l’accord [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="http://www.gestionsuisse.com/wp-content/uploads/2012/02/grece.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2846" title="grece" src="http://www.gestionsuisse.com/wp-content/uploads/2012/02/grece-300x290.jpg" alt="" width="300" height="290" /></a><em>Voilà, c’est fait : l’accord qui devrait permettre à la Grèce d’éviter (selon la majorité des analystes et des dirigeants européens) le défaut de paiement en Mars prochain est entériné, non sans une soirée d&#8217;émeutes d&#8217;une population meurtie et abandonnée à son sort. Le plan exigé par l’Union et par le F.M.I. a donc obtenu l’accord « unanime » du Gouvernement grec qui persévèrera ainsi dans la destruction de son économie sous le poids de l’austérité qui lui est dictée.<span id="more-2842"></span></em></h4>
<h4></h4>
<h4><em>Toujours est-il que l’arrangement  consenti à ce pays constitue un précédent que d’autres nations fragilisées – après la Grèce – n’hésiteront pas à faire valoir. En effet et en dépit des affirmations selon lesquelles les conditions octroyées à la Grèce seraient une « exception », il va de soi que leur conjoncture économique désastreuse ponctuée de croissance inexistante et d’un chômage à deux chiffres amèneront tout naturellement le Portugal, l’Espagne ou l’Italie à exiger l’obtention de conditions équivalentes. Car cet accord grec crédibilise davantage – tout en le rapprochant &#8211; le scénario du défaut de paiement des autres nations sinistrées. Comment ? En accélérant la fuite des capitaux hors de ces pays qui devront dès lors s’acquitter de taux d’intérêts toujours supérieurs sur leurs financements. Pourquoi, en effet, les investisseurs continueraient-ils à faire confiance à des pays qui se retrouveront fatalement un jour ou l’autre dans la situation de la Grèce, c’est-à-dire à contraindre leurs créditeurs de passer par Pertes &amp; Profits une partie de leurs prêts ? Cet accord grec pousse donc littéralement un pays comme l’Italie dans une spirale où elle croulera sous le poids d’un coût de financement de sa dette rendu insupportable par des marchés parfaitement conscients qu’ils devront un jour prochain prendre des pertes sur leurs investissements dans la dette italienne. Pourquoi les créanciers ne seraient-ils effectivement pas contraints de faire ce cadeau forcé à l’Italie sachant qu’ils viennent de le faire à la Grèce ? Les syndicats portugais ne viennent-ils du reste pas d’exiger de leur gouvernement qu’il renégocie sa dette avec ses créanciers ?</em></h4>
<h4></h4>
<h4><em>Cette mécanique infernale fera donc monter graduellement les enchères de marchés qui exigeront des taux toujours plus élevés en contrepartie de cette menace de restructuration des dettes brandies par des nations qui voudront de manière bien compréhensible se mettre dans les pas de la Grèce. Pendant ce temps, que fait la BCE, elle qui serait en mesure de rassurer ces mêmes investisseurs en leur garantissant leurs prêts consentis en faveur du Portugal ou de l’Italie ? Elle est tétanisée par l’Allemagne dont la seule ambition semble d’imposer une rigueur généralisée et qui se préoccupe bien peu de l’explosion des frais de financement de cette Europe périphérique, frais qui pourraient néanmoins être maintenus à des niveaux réalistes dans l’hypothèse de ce cautionnement émis par la BCE. Cette farce européenne se transforme pourtant en tragédie car cet accord dont sont si fiers le F.M.I. et l’Union et qui a emporté l’adhésion du Gouvernement grec inclut une baisse de 20% du salaire minimum, une réduction supplémentaire des fonctionnaires, le tout dans un contexte de P.I.B. qui se contractera de 5% en 2012. Résultat ? Une austérité d’une telle ampleur garantit une certaine forme de défaut de paiement. Cet accord trouvé vendredi dernier rend donc cette faillite inéluctable en l’absence de tout mécanisme autorisant de relancer un minimum de croissance : comment les grecs seraient-ils bien en mesure de régler les intérêts de leurs dettes – même si celle-ci est moindre ! – sans redémarrage de leur économie ? Il est effectivement impossible de diminuer le fardeau de sa dette dans un contexte où l’économie se contracte à de tels rythmes et à une telle ampleur.</em></h4>
<h4></h4>
<h4><em>A moins que cette déflation ne soit imposée à ces nations précisément dans l’objectif d’y précipiter une cascade de défauts de paiement ? Les dirigeants de l’Union ne semblent-ils pas s’ingénier (involontairement bien-sûr) à imposer une déflation généralisée qui débouchera immanquablement sur la banqueroute de nombre de ces Etats en situation périlleuse ? </em></h4>
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		<title>En attendant l’esprit européen</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 11:02:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En dépit des récentes démonstrations d’amitié et de soutien entre les chefs d’Etat français et allemand ponctuées d’interventions médiatiques inédites, l’Axe Paris-Berlin n’existe plus. La synergie entre les deux plus importantes économies de l’Union (représentant à elles seules plus de 50% du P.I.B. de l’Union) aurait pourtant été précieuse pour faire avancer les dossiers délicats [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En dépit des récentes démonstrations d’amitié et de soutien entre les chefs d’Etat français et allemand ponctuées d’interventions médiatiques inédites, l’Axe Paris-Berlin n’existe plus. La synergie entre les deux plus importantes économies de l’Union (représentant à elles seules plus de 50% du P.I.B. de l’Union) aurait pourtant été précieuse pour faire avancer les dossiers délicats mais voilà : depuis la perte du AAA français, le G 2 européen s’est réduit en un G 1, plus précisément en un « one woman show ». Car désormais toutes les décisions cruciales européennes se prennent à Berlin et avec la bénédiction de Berlin.<span id="more-2839"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette prospérité européenne censée émaner de l’avènement de l’Euro ne fut en réalité qu’un leurre. Et pour cause : le défaut de conception de la monnaie unique s’articulait autour d’un  gouvernement économique fantôme, d’un budget commun inexistant et d’une absence de coordination fiscale et budgétaire. Pour autant, cet état des lieux européen truffé de déficiences indique clairement la voie à suivre pour remettre le projet sur les rails sachant que la mise en place d’institutions communes devra impérativement se doubler d’un élan et d’un esprit de solidarité poussant à redistribuer les excédents. Pas de budget fédéral européen car chaque Etat membre dispose aujourd’hui du sien propre tout en mettant à disposition de l’Union une faible partie de ses ressources. Comment comprendre que dans un contexte de crise financière sans précédent le budget global de l’Union Européenne n’ait représenté en 2011 que 1.23% (en moyenne) des revenus bruts de chacune des 27 nations membres ? Et l’austérité – comme l’instauration de la règle d’or – réduiront davantage les marges de manœuvre des pays les plus fragilisés. En effet, loin de leur prodiguer sa générosité et de leur insuffler une partie de la croissance dont bénéficient certains de ses membres privilégiés, l’Union achève de les étouffer avec la rigueur et avec les politiques déflationnistes qu’elle leur dicte. Car cette règle d’or comme cette discipline budgétaire extrême qui leur sont imposées produiront des effets diamétralement opposés en l’absence de mécanismes et d’institutions fédérales à même de redistribuer pour soulager.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>De telles institutions et une telle intensification de la solidarité européenne ne verront pourtant le jour que sous l’impulsion de leaders politiques courageux et clairvoyants. Depuis Septembre 2008 – date de la faillite de Lehman Brothers- la montagne européenne a ainsi accouché de 23 sommets pour ne démontrer qu’une cruelle absence d’efficience et qu’un chacun pour soi honteux. Les européens mériteraient pourtant moins de paroles et plus d’actes.</p>
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		<title>Pas d’immunité pour l’économie britannique</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 10:30:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après avoir subi une contraction au dernier trimestre de l’an dernier, l’économie britannique est condamnée à régresser davantage en ce premier quart 2012. Alors que les analystes sont partagés entre ceux qui plaident pour une intensification de la rigueur et les tenants des relances keynésiennes farouchement opposés à l’austérité, il est important de constater que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir subi une contraction au dernier trimestre de l’an dernier, l’économie britannique est condamnée à régresser davantage en ce premier quart 2012. Alors que les analystes sont partagés entre ceux qui plaident pour une intensification de la rigueur et les tenants des relances keynésiennes farouchement opposés à l’austérité, il est important de constater que la trajectoire économique de ce pays évolue en fait assez parallèlement à l’économie européenne et en est à l’évidence fortement influencée. En outre, la Grande Bretagne n’a pas vraiment bénéficié de la forte dépréciation de sa Livre Sterling qui n’a pas relancé ses exportations dans un contexte où son industrie souffre de problèmes structurels significatifs, sans négliger par ailleurs la très forte dépendance de ce pays aux services financiers. De fait, le taux du chômage s’y est détérioré ces derniers mois car le secteur privé a été fortement sinistré par le ralentissement économique sur le continent ayant eu un impact sur la consommation intérieure, sur le commerce extérieur britannique ainsi que sur l’indice de confiance en général.<span id="more-2836"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La conséquence probablement la plus inquiétante à long terme se traduit en un effondrement des prévisions inflationnistes qui dénote une conjoncture nationale pour le moins incertaine et tourmentée tenant en alerte la Banque d’Angleterre qui a récemment initié un nouveau round de ses baisses de taux quantitatives. Pour autant, cette mise sous perfusion semble insuffisante à assurer le redémarrage de son économie car les établissements financiers restent extrêmement vigilants – pour ne pas dire frileux – à accorder des financements en faveur des entreprises nationales qui restent exsangues. Ces déboires britanniques ne se limitent cependant pas à une forte dépendance aux aléas européens ou à un secteur financier mastodontique. De fait, le déficit budgétaire y atteint des niveaux absolument records et, à cet égard, les statistiques récemment publiées par le magazine <em>The Economist</em> dans son “Economic and Financial indicators” récapitule les trois nations souffrant en 2011 du déficit budgétaire le plus massif qui sont : l’Egypte en premier lieu avec un chiffre de 10% par rapport à son P.I.B. suivie par la Grèce avec 9.5% et … par la Grande Bretagne avec 8.8% ! Ce déficit budgétaire, qui est certes en diminution par rapport à 2010 où il se situait à 10.1%, est néanmoins à comparer avec celui de la France (5.8%), de l’Italie (4%) ou de l’Allemagne (1%).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est un peu facile à cet égard de pointer du doigt (comme le font bien des économistes et des analystes britanniques) la crise européenne comme unique responsable de ces déficits. En effet, un certain nombre de nations hors de la zone Euro comme la Grande Bretagne ne souffrent pas du même mal : c’est ainsi que le déficit budgétaire d’un pays comme le Danemark est à 3.9% par rapport à son P.I.B., que ce chiffre est de 0% en Suède et que la Suisse offre un excédent de 1%&#8230; La Grande Bretagne souffre donc de défauts structurels qui lui sont bel et bien propres, comme la crise immobilière aigüe démarrée en même temps que celle des subprimes aux Etats-Unis ainsi que les déboires financiers internationaux ayant eu un impact dramatique sur son P.I.B.. Pourtant, ce pays se retrouve aujourd’hui à une croisée des chemins relativement inextricable car ses déficits l’empêchent de pratiquer davantage de stimuli : Impossible en effet de continuer à imprimer de la monnaie quand on est le troisième plus mauvais élève mondial juste après l’Egypte et la Grèce ! Bref, la Grande Bretagne démontre une fois de plus sa singularité dans un contexte où son absence de la zone Euro semble accentuer sa fragilité.</p>
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		<title>Les tribulations de Philippe Hildebrand coûteront cher à la Suisse</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 23:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Isolée au cœur d’un ensemble européen en pleine crise existentielle, la Banque Nationale Suisse – sous l’impulsion décisive de son Président Philippe Hildebrand – s’est battue depuis 2009 à armes inégales contre une spéculation ayant porté le franc à des niveaux invraisemblablement élevés. Pourtant, cette guerre au franc fort fut également menée avec une agressivité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Isolée au cœur d’un ensemble européen en pleine crise existentielle, la Banque Nationale Suisse – sous l’impulsion décisive de son Président Philippe Hildebrand – s’est battue depuis 2009 à armes inégales contre une spéculation ayant porté le franc à des niveaux invraisemblablement élevés. Pourtant, cette guerre au franc fort fut également menée avec une agressivité intense et une maladresse évidente par un Hildebrand &#8211; certes pris dans le feu de l’action &#8211; mais qui semblait faire fi des moyens limités de la B.N.S. contre des marchés omnipotents. La Banque Centrale Suisse n’est simplement pas de taille à absorber les flux quotidiens internationaux en francs fuisses ni capable de tenir tête toute seule à un marché dont on sait qu’il est le plus important au monde. Depuis les achats massifs et répétitifs d’Euros opérés par la banque centrale sur le marché des Changes à l’abandon unilatéral de ces interventions ayant paradoxalement offert aux spéculateurs de formidables opportunités d’acheter du franc suisse à bon prix. Depuis l’introduction de la notion de « plafond » pour le cours du franc qui serait défendu par la B.N.S. mais qui devait se révéler être un fiasco supplémentaire. A la définition récente du « peg », c’est-à-dire à la corrélation de la monnaie helvétique par rapport à l’Euro doublée de la volonté farouche de défendre « coûte que coûte » (selon les déclarations officielles) le palier des 1.20…<span id="more-2831"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Erreurs tactiques d’une légèreté impardonnable car une Banque Centrale qui se respecte ne pénètre dans l’arène que pour livrer une bataille qu’elle est certaine de gagner! Hildebrand s’était-il cru investi d’une mission divine en mettant en action toutes les batteries de la BNS dans le but de pourfendre les amateurs de francs suisses ? De fait, les pertes de la Banque Nationale Suisse se comptent désormais par dizaines de milliards de francs et son bilan dépasse 260 milliards, chiffre qui représente la moitié du P.I.B. de son propre pays ! La Banque Nationale Suisse a tant et si bien acheté et amassé la monnaie unique (par débit franc fuisse) qu’elle se retrouve à détenir bien plus d’Euros que de sa propre monnaie! On croit rêver en effet dès lors que l’on se rend compte que la Banque Centrale Suisse dispose aujourd’hui d’un bilan … surtout libellé en Euros. Comment la BNS, détenue principalement par les cantons mais qui n’en reste pas moins une entité dont les titres peuvent être acquis par le public, est-elle en mesure de justifier ce bilan contre nature? En outre, comment le Président d’une banque centrale – par définition non élu par le peuple – est-il capable d’indexer le franc suisse à la monnaie unique alors même que la majorité des citoyens et des cantons – s’ils étaient consultés aujourd’hui – refuseraient catégoriquement l’adhésion à l’Union Européenne ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La défense de la compétitivité helvétique est certes un objectif noble mais la Suisse peut-elle se permettre d’encaisser de telles pertes colossales qui seront amenées à s’aggraver davantage par le raffermissement imminent du franc suite au départ de Hildebrand ? Car c’est au tribunal des marchés que cette affaire génèrera le plus de dégâts du fait de la vulnérabilité exacerbée d’une Banque Nationale Suisse qui se retrouve au cœur d’un scandale caractérisé par l’appât du gain – ou au mieux par la négligence intolérable – de son propre Président ? Les montants impliqués – 60&#8217;000 francs suisses &#8211; sont certes insignifiants mais il est néanmoins moralement injustifiable que l’épouse du patron de la B.N.S. se lance dans une transaction forex consistant à vendre du franc concomitamment à une intervention sur le marché des Changes initiée par son époux qui consiste précisément à affaiblir la devise helvétique. Madame Hildebrand , ayant exercé le métier de trader chez Moore Capital, désireuse d’acheter des dollars à  un prix « record » et à des niveaux « ridiculement bon marchés » (selon ses propres termes) était-elle prosaïquement à l’affût d’un bon coup ? Pouvait-elle ignorer l’intervention massive et spectaculaire – donc préparée et planifiée bien à l’avance – de la B.N.S. ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« The jury is out » comme disent les anglo-saxons car cette affaire n’aura aucune répercussion juridique, son époux ayant d’ores et déjà payé par son départ le prix de ce mélange des genres inacceptable de la part du dirigeant d’une banque centrale membre du G 20. Toujours est-il que c’est le contribuable helvétique qui sera invité à régler la note d’un Hildebrand aujourd’hui déchu qui prenait plaisir à jouer le justicier à la Charles Bronson.</p>
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		<title>Le calice jusqu’à la lie pour la Banque Nationale Suisse !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 23:25:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La guerre menée par la Banque Nationale Suisse contre les marchés et contre le franc fort n’est non seulement pas gagnée, elle est même loin d’être terminée car sur le point de reprendre. En fait, l’amélioration du climat de confiance auprès des investisseurs induit un changement subtil dans leur appréciation des valeurs refuges, ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gestionsuisse.com/wp-content/uploads/2012/02/3245e89_0.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2827" title="Euro / Franc Suisse" src="http://www.gestionsuisse.com/wp-content/uploads/2012/02/3245e89_0-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>La guerre menée par la Banque Nationale Suisse contre les marchés et contre le franc fort n’est non seulement pas gagnée, elle est même loin d’être terminée car sur le point de reprendre. En fait, l’amélioration du climat de confiance auprès des investisseurs induit un changement subtil dans leur appréciation des valeurs refuges, ce qui tend à terriblement compliquer la tâche des banquiers centraux helvétiques.<span id="more-2823"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La B.N.S. avait pourtant (enfin) remporté une victoire digne de ce nom en déployant toute sa force de frappe lorsque le cours de l’Euro / Franc Suisse avait dangereusement flirté avec la parité en cette première quinzaine d’Août 2011. Cet ultime test de crédibilité de la part d’une banque centrale qui avait – on s’en souvient – accumulé les revers et les pertes en 2010 et en 2011 dans le cadre de sa lutte contre les spéculateurs et les investisseurs avides de francs suisses fut en effet finalement concluant en cet été 2011. Le timing d’interventions brillamment conduites par l’ex trader Hildebrand &#8211; qui plus est dans un contexte de marché chaotique &#8211; devait ainsi prendre à revers la multitude de positions à la hausse en franc suisse tout en affirmant une volonté indéfectible de la part de la B.N.S. de défendre le plancher des 1.20. La spirale déflationniste menaçant sérieusement une économie fortement pénalisée par l’extrême fermeté de sa monnaie parce que nettement redevable à ses exportations justifiait amplement cette agressivité de la banque centrale. Sans réussir à inverser la tendance, elle avait toutefois clairement montré sa détermination à trancher dans le vif de spéculateurs qui avaient alors perdu beaucoup d’argent suite à ces interventions inopinées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le contexte n’est hélas plus le même aujourd’hui ! Le départ mouvementé de Philippe Hildebrand de la Présidence de la B.N.S. décrédibilise l’établissement et donc fragilise cette politique interventionniste dont il avait été le plus fervent porte drapeau. Les déclarations officielles de l’établissement insistent certes toujours sur sa nette détermination à défendre ce « floor » de 1.20 vis-à-vis de l’Euro mais il semble acquis que les marchés testeront très prochainement Thomas Jordan, successeur annoncé de Hildebrand. Confrontation imminente du reste car les cours s’approchent d’ores et déjà insidieusement de ce palier que la B.N.S.aura – à tort ou à raison– sacralisé. En outre, les critiques fort malvenues ainsi que les voix maladroites émanant de l’intérieur même du pays et  appelant à restreindre l’indépendance de la banque centrale achèvent de semer le trouble parmi les observateurs et les investisseurs internationaux. Un test, voire une cassure, des 1.20 semble donc inévitable.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pourtant, c’est &#8211; théoriquement et logiquement &#8211; à l’affaiblissement du Franc Suisse qu’une telle perte de confiance en la B.N.S. devrait aboutir et non en cette appréciation annoncée. Car c’est bien un phénomène inhabituel qui est sur le point de se dérouler sous nos yeux : un Franc Suisse plus fort à cause de menaces qui pèsent sur la crédibilité de sa banque centrale ! Fluctuation irrationnelle en réalité sous tendue par les injections massives de liquidités prodiguées par la B.C.E. afin de secourir le système bancaire européen, liquidités dont une portion se loge néanmoins dans des devises refuges, comme le Franc Suisse et le Yen Japonais&#8230; La B.N.S. se retrouve donc face à une quadrature du cercle imposant un raffermissement du Franc Suisse dans une conjoncture où le fameux appétit au risque, loin de subir une dégradation, va en s’améliorant. Du reste, la corrélation historiquement positive en l’Euro/Suisse et l’indice S&amp;P 500 est aujourd’hui devenue négative !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autrement dit, voilà que la B.N.S. se doit à présent d’affronter un nouvel adversaire, à savoir la B.C.E. qui contribue indirectement à saborder les efforts suisses à la faveur de ses baisses de taux quantitatives visant à calmer la tempête européenne&#8230; Cette même devise helvétique qui s’était substantiellement appréciée du fait des tourmentes financières globales se voit donc aujourd’hui contrainte de poursuivre sur cette lancée par la faute des flux massifs injectés par la B.C.E. dans la zone Euro.</p>
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		<title>Comment rétablir l’espoir européen ?</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 16:59:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A Davos, dans le cadre du prestigieux Forum Economique Mondial, Madame Merkel a tenté de rassurer les patrons des plus importantes entreprises du globe comme l’élite de la finance … qui l’ont cru ! Une chancelière plus que jamais déterminée – et incontestablement majestueuse &#8211; nous a ainsi assuré que l’Euro serait sauvé. Il est vrai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>A Davos, dans le cadre du prestigieux Forum Economique Mondial, Madame Merkel a tenté de rassurer les patrons des plus importantes entreprises du globe comme l’élite de la finance … qui l’ont cru ! Une chancelière plus que jamais déterminée – et incontestablement majestueuse &#8211; nous a ainsi assuré que l’Euro serait sauvé. Il est vrai que l’ambiance, encore extrêmement pessimiste il y a six mois pour la monnaie unique et pour les perspectives de l’Union Européenne, s’est nettement améliorée et ce principalement grâce à l’attitude des dirigeants allemands qui ont affiché leur détermination et qui ont progressivement réussi à convaincre de leur volonté de sauver  l’Europe. La politique des petits pas pragmatiques – initiée par Anglela Merkel qui en a fait sa marque de fabrique – a en effet autorisé et présidé à cet assainissement relatif du climat général. De l’introduction – accélérée à l’été prochain &#8211; du mécanisme européen de  stabilité à l’initiative du nouveau patron de la BCE, Mario Draghi, d’inaugurer les baisses de taux quantitatives européennes sous la forme de prêts généreux consentis au système bancaire de l’Union. En passant par le Président du conseil italien Mario Monti – imposé par l’Allemagne – et qui a toute la confiance des marchés. Ou encore le rôle très actif dans l’Union du F.M.I. à même d’imposer des conditions qui passeraient bien plus difficilement si elles étaient dictées par un partenaire européen… Autant de signes concrets qui plaident en faveur du sauvetage de l’Euro mais qui ne sauraient répondre aux questions fondamentales.<span id="more-2811"></span> </strong></h3>
<h3><strong> </strong></h3>
<h3><strong>Quelle est la stratégie pour la croissance car il est évident que la seule austérité ne constitue pas de recette pour relancer l’activité économique ? Le poids de la dette est effectivement condamné à s’aggraver en cas de contraction  économique et de réductions supplémentaires mécaniques des recettes fiscales. L’Europe ne pourra rien entreprendre du haut de la croissance prévue à 0.5% pour 2012 par le F.M.I.. C’est donc la malédiction déflationniste qui guette sans volonté claire et en l’absence de mesures concrètes pour rétablir la croissance. Cette volonté politique de sauver l’Euro – qui doit impérativement se mettre aujourd’hui au service de la renaissance économique et sociale du continent – masque ainsi très difficilement un écheveau de divergences, voire de rancœurs, au sein de ses membres. C’est le mépris des allemands envers les grecs, la rébellion de ces mêmes grecs contre les diktats allemands, c’est la condescendance du Nord de l’Europe envers les nations du &laquo;&nbsp;Club Med&nbsp;&raquo;, c’est les allemands qui prennent en pitié les français désormais privés de leur AAA, c’est les britanniques enfermés dans un isolationnisme tout aussi superbe qu’insensé… C’est, en somme, une crise de confiance massive et généralisée qui secoue les partenaires européens qui ne parviennent à s’entendre que sous la menace de la violence des marchés. S’il a vraiment lieu, le sauvetage de l’Euro sera entièrement redevable au chantage et à la peur. </strong></h3>
<h3><strong> </strong></h3>
<h3><strong>Contrairement aux étapes décisives de la construction européenne &#8211; introduction du marché unique, élargissements successifs ou lancement de la monnaie unique – qui se réalisaient sous l’impulsion d’espoirs souvent fous mais O combien rafraîchissants, c’est seule l’angoisse de conséquences désastreuses qui a conduit l’Allemagne et les autres pays riches de l’Union au service minimum en matière de solidarité. Les avancées n’ont effectivement pu être enregistrées que sous l’emprise de craintes selon lesquelles l’effondrement des dominos européens finirait par nuire aux nations exemplaires. Sans croissance ou si la croissance ne bénéficiait qu’à une infime minorité de pays européens, ce ressentiment et cette incompréhension iront en s’amplifiant et seront exploités par les armées de populistes et de partisans des extrêmes qui remettront tous les jours davantage en question l’avenir européen. Pour préserver nos acquis européens &#8211; faits de qualité de vie et de justice sociale – qui sont aussi notre fierté, il est donc vital de renouer avec un projet, avec une volonté, bref avec un optimisme politique. Comme un retour en arrière est absolument inenvisageable, travaillons donc au retour de cette cohésion européenne car le sauvetage de l’Euro ne saurait être notre but ultime ou notre unique ambition. </strong></h3>
<h3><strong> </strong></h3>
<h3><strong>La politique a peut-être aujourd’hui sauvé l’Euro, elle devra également s’employer à ramener l’espoir.</strong></h3>
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		<title>La Chine vacille</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 18:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà dix-huit ans que la Chine a fait le choix de lier son économie à celle des Etats-Unis. De fait, après avoir subi des taux d’inflation à deux chiffres – 30% en 1994 ! -, la fixation du cours du Yuan par rapport au Dollar a permis de stabiliser l’économie chinoise. Il est vrai que la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gestionsuisse.com/wp-content/uploads/2012/01/ChinaBubble.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2808" title="ChinaBubble" src="http://www.gestionsuisse.com/wp-content/uploads/2012/01/ChinaBubble.jpg" alt="" width="250" height="250" /></a>Voilà dix-huit ans que la Chine a fait le choix de lier son économie à celle des Etats-Unis. De fait, après avoir subi des taux d’inflation à deux chiffres – 30% en 1994 ! -, la fixation du cours du Yuan par rapport au Dollar a permis de stabiliser l’économie chinoise. Il est vrai que la parité choisie à l’époque reflétait incontestablement les fondamentaux chinois et le niveau de compétitivité de ce pays. Le taux d’inflation modéré mais positif aux USA entre 1995 et 2004 combiné à des tarifs chinois à l’exportation en forte réduction (grâce à une main d’œuvre à bas prix) a très nettement favorisé la compétitivité chinoise au détriment de l’américaine. En même temps, la dollarisation de la gigantesque économie chinoise a crée une zone de sous évaluation &#8211; la Chine – qui basculait progressivement vers l’inflation face à une zone où régnait la surévaluation – les Etats-Unis – vouée, elle, à la déflation.<span id="more-2802"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’appréciation de 18% entre 2005 et 2008 du Yuan par rapport au billet vert fut évidemment insuffisante car l’inflation chinoise devait en effet s’accélérer à des rythmes préoccupants pour atteindre 8% en 2008.  Laquelle inflation devait par la suite décroître à la faveur de la crise mondiale, crise elle-même en grande partie causée par ces déséquilibres entre la Chine et les Etats-Unis… Toujours est-il que les stimuli chinois injectés massivement dans l’économie chinoise en 2009 et en 2010 additionnés au raidissement dès le milieu de l’année 2008 de la parité Dollar/Yuan furent couronnés de manière prévisible par une nouvelle fièvre inflationniste en Chine.  C’est ainsi que cette inflation devait connaître une accélération spectaculaire puisqu’elle a en effet augmenté de 5.5% en une seule année, de Juillet 2009 à Juillet 2010 ! Par ailleurs, l’envolée des prix énergétiques et alimentaires (de l’ordre de 20%) consécutifs aux baisses de taux quantitatives mises en place aux Etats-Unis, confrontés de leur côté au spectre déflationniste, devait constituer le coup de grâce pour une économie chinoise qui subit dès lors une escalade de son taux d’inflation qui dépassait les 7%  en 2011 ! En outre, les salaires en Chine augmentent de nos jours à une cadence – environ 10% par an &#8211; supérieure aux prix  tandis que les salaires américains, eux, stagnent depuis plusieurs années.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>De fait, la politique systématique de sous évaluation des coûts activement recherchée par la Chine grâce au levier du contrôle strict de la parité du Yuan par rapport au Dollar est aujourd’hui incontestablement mise en échec. A cet égard, les Etats-Unis gagnent chaque année – voire chaque mois – davantage de compétitivité face à la Chine qui se rend compte que son inflexibilité sur le cours de sa monnaie n’était qu’un leurre ! Ce qui était effectivement récupéré sur ce terrain était sacrifié par ailleurs et de manière néfaste via la soupape inflationniste. Le modèle de croissance chinois entièrement tourné vers et redevable aux exportations se retrouve donc pour le moins menacé aujourd’hui et ce d’autant plus que les Etats-Unis (et avec eux bien-sûr l’Europe) seront naturellement forcés à réduire leurs importations dans le but de soulager leurs déficits massifs. Du reste, la croissance anémique mondiale escomptée cette année n’est qu’une composante des soucis à venir de la Chine qui serait également sinistrée – sur le plan inflationniste – en cas de reprise de l’activité mondiale. La zone de turbulences au sein de laquelle elle pénètre impose donc cette question : la Chine a-t-elle mangé son pain blanc ?</p>
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		<title>La BCE, ce pompier en dernier ressort de l’Union Européenne</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 23:04:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les Etats doivent-ils capituler comme ils le font face aux agences de notation qui dégradent leur note en ignorant complètement les intérêts de leurs citoyens ? La mise en place de hausses d’impôts touchant l’ensemble des catégories de la population et de réductions généralisées des dépenses publiques dans le but de calmer le courroux d’agences payées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Etats doivent-ils capituler comme ils le font face aux agences de notation qui dégradent leur note en ignorant complètement les intérêts de leurs citoyens ? La mise en place de hausses d’impôts touchant l’ensemble des catégories de la population et de réductions généralisées des dépenses publiques dans le but de calmer le courroux d’agences payées par les investisseurs seuls préoccupés par la sécurité de leurs placements aboutit à une contraction économique certaine tout en attisant les dissensions sociales. Pour solde, ces politiques de rigueur débouchent sur une spirale infernale qui fragilise d’autant plus ces économies que les nations membres de l’Union Européenne sont parties défavorisées.<span id="more-2797"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La grande – voire l’unique – problématique européenne et gigantesque défaut de sa cuirasse étant en effet la dichotomie congénitale voulue par les pères fondateurs entre pouvoir monétaire et pouvoir budgétaire des membres respectifs. Chacun de ces pays a ainsi abdiqué sa souveraineté monétaire (au profit de la BCE) pendant qu’il a pu conserver le pouvoir de lever des impôts … sans pour autant être en mesure de stimuler son économie de manière traditionnelle, comme le feraient les Etats-Unis par exemple. Cette paralysie – pour être juste, disons cette mobilité très limitée – des membres de l’Union à relancer leur activité économique et à encourager leur croissance provenant de deux vices de forme. L’impossibilité d’une part de battre sa propre monnaie et donc d’injecter des liquidités dans l’économie. D’autre part, la marge de manœuvre des Etats à consentir une fiscalité motivante et à intensifier ses dépenses (pour engager des fonctionnaires ou lancer des programmes de travaux publics substantiels), capacité fortement réduite par les critères de Maastricht qui encadrent strictement les déficits publics.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On le constate, la construction européenne n’a pas donné la priorité aux emplois qui se sont retrouvés sacrifiés sur l’autel de l’orthodoxie et de la rigueur économiques. Pour les pères de Maastricht, mieux valait en effet restreindre les dépenses et miser uniquement sur la croissance pour résorber le chômage… Cet édifice au libéralisme classique peut certes (de son point de vue) se défendre mais le colosse européen présentait dès le départ un talon d’Achille que l’efficience des marchés n’a pas tardé à dévoiler, à savoir que si les membres pouvaient emprunter librement sur les marchés pour financer leurs déficits, ils n’étaient nullement en mesure de garantir leur propre solvabilité en cas de tempête financière qui était du seul ressort de la BCE. Seule cette institution supranationale dispose effectivement de la force de frappe nécessaire pour acheter les Bons du Trésor des pays membres afin d’épargner à ceux-ci le supplice de payer des taux d’intérêts ruineux pour leurs économies respectives.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette création monétaire – qui dépasse bien-sûr l’esprit des traités – est pourtant vitale si l’objectif est bien d’éviter cette gangrène que représente le mal déflationniste. Ces « baisses de taux quantitatives » européennes ont d’ores et déjà porté le bilan de la BCE à 4&#8217;400 milliards d’Euros, bilan qui se retrouve aujourd’hui deux fois plus massif que celui de la Fed. En réalité, la leçon semble enfin comprise puisque la BCE en a fait en six mois autant que la Fed en deux ans ! Le spectre de la crise systémique s’éloigne donc. Il était vraiment temps que la BCE réagisse car les enjeux étaient de taille.</p>
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		<title>Toutes les dettes ne se valent pas</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 18:09:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’Allemagne est pour solde plus endettée que la Grèce ! Effectivement, en tenant compte de la dette publique mais également de la dette des ménages, des entreprises et des banques, l’Allemagne montre un endettement global ramené à son P.I.B. qui est supérieur au chiffre grec. Ainsi, la Grèce a un déficit de ses comptes publics excessif de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’Allemagne est pour solde plus endettée que la Grèce ! Effectivement, en tenant compte de la dette publique mais également de la dette des ménages, des entreprises et des banques, l’Allemagne montre un endettement global ramené à son P.I.B. qui est supérieur au chiffre grec. Ainsi, la Grèce a un déficit de ses comptes publics excessif de l’ordre de 135% de son P.I.B. tandis que l’Allemagne – dont la dette publique n’est que de 83% de son P.I.B. – se distingue, elle, par des dettes principalement détenues par ses banques qui font largement la différence et qui creusent dramatiquement ce chiffre global. Autrement dit, la notion « qualitative » de dette est fondamentale et, à cet effet, si elle souhaite être épargnée par les affres des marchés, une nation doit en outre disposer d’un plan crédible visant à réduire celle de sa dette qui attire le plus l’attention des investisseurs, à savoir sa dette publique. Démonstration à l’appui avec le cas de la Grande Bretagne qui, en dépit de dettes globales égales à 5 fois son P.I.B., paie un taux inférieur à 2% pour ses emprunts sur 10 ans et jouit toujours de sa notation AAA … perdue pourtant par la France qui subit pour sa part un endettement total de seulement 3.5 fois son P.I.B. et qui paie 1% de plus que la Grande Bretagne pour se financer à 10 ans ! Les marchés opèrent effectivement une distinction subtile et souvent empirique: le Danemark (cet autre AAA) ne s’acquitte-t-il pas ainsi pour se financer à 10 ans de taux inférieurs à ceux de l’Allemagne – c’est-à-dire 1.7% contre 1.8% &#8211; et ce alors même que ses endettements privés dépassent leurs équivalents allemands ?<span id="more-2792"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En réalité, les motifs expliquant pourquoi certains pays sont gratifiés de taux compétitifs pour leurs financements alors même qu’ils subissent des déficits parfois plus massifs que d’autres qui se retrouvent pénalisés du point de vue de la charge de leur dette sont complexes et s’articulent autour de plusieurs points. En effet, les dettes des ménages sont très majoritairement adossées à des actifs (immobilier, portefeuilles titres ou autres) tandis que celles de l’Etat reposent intégralement sur la capacité (et parfois la volonté) de ses citoyens à régler leurs contributions publiques. Certaines nations peuvent certes vendre leurs propres avoirs nationaux (comme la Grèce qui a consenti un long « leasing » à la Chine sur le port du Pirée) mais l’essentiel des revenus d’un Etat dépend de la fiscalité imposée aux citoyens et aux entreprises. Les échéances du refinancement de cette dette publique importe par ailleurs dans le sens où une nation sera moins avantagée si elle doit régulièrement affronter les marchés qui n’hésiteront pas à la tester et à la passer aux rayons X lors de chacune de ses levées de fond. D’autres considérations essentielles entrent enfin en ligne de compte comme la tendance générale de ses déficits à se résorber ou, au contraire, à s’aggraver et bien-sûr les perspectives de croissance intérieure ou régionale qui restent déterminantes dans la capacité du pays à conserver la maîtrise de ses déficits.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quoiqu’il en soit, la rude tâche du deleveraging – le remboursement progressif des dettes – comprime la croissance, processus susceptible de s’étaler pendant des années, voire des décennies comme au Japon. Ces efforts sont néanmoins très souvent (sauf dans le cas tragique du Japon) couronnés de résultats :comme en Suède ou en Finlande qui ont lutté dans les années 1990 avec détermination contre leurs bulles respectives et qui bénéficient aujourd’hui d’une conjoncture exceptionnelle en ces temps de crise mondiale.<strong></strong></p>
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