L’Euro : générateur de déflation ?
Bien avant la création de l’Euro, le canadien Robert Mundell devait énumérer les conditions de succès d’une union monétaire … travaux qui lui valurent le prix Nobel en 1999, soit précisément l’année du lancement de la monnaie unique. Selon Mundell, une devise partagée par un ensemble géographique n’était viable qu’en cas de mobilité des capitaux et du travail, de flexibilité des salaires et des prix, de cycles économiques similaires et de transferts fiscaux à l’intérieur de cette zone. Autrement dit, l’argent mais aussi les travailleurs devraient pouvoir (et vouloir) voyager et s’établir dans différentes parties de l’Union. Les prix devraient être à même de baisser si nécessaire et pas seulement d’augmenter. Les membres de cette Union devraient bénéficier en même temps d’une expansion de leur économie ou subir ensemble la contraction. Enfin, une solidarité (idéalement automatisée) devrait permettre à certaines régions dans la tourmente de recevoir des soutiens financiers de la part d’un organisme créé à cet effet ou de la part d’un gouvernement fédéral. De nos jours, l’Union Européenne ne dispose d’aucun de ces atouts, ce qui en fait une Union peu viable, tout au moins selon les critères de Mundell, contrairement aux Etats-Unis dont la structure permet d’absorber les chocs économiques. Lire la suite…
En attendant la deuxième mi-temps
La classe dirigeante européenne et avec elle les partisans d’un Etat fort intervenant activement dans l’économie traversent aujourd’hui une crise existentielle. Ils se rendent compte de leur échec pour n’avoir pu atteindre leur objectif d’une économie sereine et équitable. Cette politique (au sens noble du terme) censée lisser et réguler pour le bien commun et supposée accoucher d’une société plus juste périclite… faute d’argent ! Eh oui, le constat est global et indéniable : nos Etats et leurs dirigeants n’ont plus les moyens de tenir les engagements. Ne nous y trompons pas à cet égard car la crise européenne dépasse largement le strict cadre financier et économique : elle est aussi le symptôme d’une classe dirigeante en pleine tourmente. Qui ne se rend que trop compte de l’emprise évanescente de son pouvoir sur les finances et sur l’économie des nations européennes, en fait tout bonnement sur la vie quotidienne de ses citoyens. Inexorablement, le champ de l’action publique s’est donc rétréci à la faveur de cette crise inédite, marquant du même coup une perte de pouvoir sans précédent des élites politiques dirigeantes. Et pour cause : Des emprunts massifs contractés en dépit du bons sens et contre l’intérêt public aux ratios d’un laxisme inouï (par rapport à leurs engagements) exigés de la part des banques, les politiques sont les seuls à blâmer aujourd’hui pour cette cacophonie. C’est à eux seuls qu’ils doivent s’en prendre pour leur perte de pouvoir et, accessoirement, pour les dérapages de la crise aigue qui fait trembler notre continent et le monde occidental.
Au final, nous vivons et évoluons aujourd’hui dans une économie aux multiples distorsions qui ne fait que générer des inégalités et des déséquilibres. Pires encore qu’à l’époque de la Grande Dépression. Nous nous retrouvons donc à la croisée des chemins. A la « mi-temps », pour reprendre les termes de Clint Eastwood dans son fameux clip diffusé à l’occasion du Sper Bowl. Métaphore judicieuse en effet puisque l’emploi de « mi-temps » nous renvoie à un jeu, à des paris, à de la spéculation, à des produits dérivés et des marchés financiers à hauts risques … bref à un casino où la banque est gagnante à tous les coups. Et où la démocratie – et nos bulletins de vote – sont relégués au second plan, juste pour amuser la galerie. Tant il est clair que cette première mi-temps a été remportée haut-la-main par ces fameux « 1% » ayant pu accroître leur fortune ces trente dernières années de plus de 250% ! Période sombre où « nous avons perdu notre cœur », pour encore citer Clint.
Quel exemple allemand ?
Les statistiques économiques allemandes sont excellentes, le climat de confiance et des affaires publié la semaine dernière étant en amélioration pour le quatrième mois consécutif. L’Allemagne n’est cependant pas dénuée de fragilités et, à cet égard, le rapport économique tout récemment publié par l’OCDE révèle certaines failles. C’est ainsi que, pour incontestable que soit la qualité de son industrie, ce pays pêche par son secteur des services. La valeur ajoutée du marché des services n’y a ainsi contribué que pour 2.2% l’an entre 2000 et 2007 par rapport à une moyenne de 3.1% sur l’ensemble des nations riches de l’OCDE. En outre, la productivité du secteur des affaires n’aura été que de 0.9% l’an en Allemagne entre 2000 et 2008 pour une moyenne de 1.7% dans l’OCDE sachant que l’âge de sa population devrait condamner le P.I.B. allemand à se retrouver en-dessous de 1% en 2020 ! De fait, une des raisons de l’excédent budgétaire allemand provient de l’investissement de ce pays ramené à son P.I.B. qui est au plus bas de tous les pays du G 7. Lire la suite…
L’Allemagne prête à la faillite grecque
A l’unisson, les dirigeants nationaux européens, les technocrates de haut rang en place à Bruxelles comme les instances du F.M.I. n’ont de cesse de clamer qu’ils n’abandonneront pas la Grèce à son sort. Pourtant, un pays – l’Allemagne – se prépare calmement et discrètement au défaut grec. Un schisme existe certes au sein du gouvernement allemand entre les tenants du maintien grec dans la zone Euro comme la Chancelière Merkel et entre les partisans du défaut de ce pays comme son Ministre des Finances Schauble. La banque d’affaires Goldman Sachs n’a-t-elle pas tout récemment noté dans un de ces rapports qu’ »une dissension grandissante existait à propos de la Grèce » entre ces deux responsables allemands éminents ? De fait, l’Allemagne est aujourd’hui plus ou moins prête à la faillite grecque qu’elle a préparé en profondeur et jusque dans les détails, contrairement aux déclarations de façade émises par son gouvernement. Ainsi, en dépit de la prochaine tranche allouée à la Grèce ces jours derniers (par l’Union et par le F.M.I.) censée encourager le gouvernement grec dans la remise en ordre de ses finances publiques, Schauble et consorts tentent de leur côté de persuader certains responsables grecs de négocier avec leurs créanciers des défauts très substantiels, ce qui reviendrait à se déclarer de facto en banqueroute. Pour Schauble, la question n’est effectivement pas si mais plutôt quand la Grèce fera faillite! Lire la suite…
La déflation a-t-elle été évitée ? Et le doit-on à la politique hyper accommodante de la Réserve Fédérale US qui maintient les rendements sous une intense pression ? Cette posture combinée aux refinancements à long terme de la BCE et aux baisses de taux d’intérêt entreprises auprès des économies émergentes contribue à l’évidence au retournement spectaculaire des marchés boursiers auquel nous assistons et à leur effet collatéral inévitable, à savoir un affaiblissement graduel des Bons du Trésor américains. Préparons-nous donc à une progression des rendements de l’obligataire US qui décolleront de leur plancher historique actuel à mesure que les investisseurs et que les marchés rassérénés chercheront à se protéger contre le retour des pressions inflationnistes. Lire la suite…
La dépense publique est-elle l’opium du peuple ?
Le Produit Intérieur Brut est devenu étroitement corrélé – voire confondu ! – avec la dépense publique car, dans notre contexte au keynésianisme compulsif, le P .I.B. semble évoluer en tandem avec les stimuli gouvernementaux. Dans cet univers où l’économie se contenterait de recycler l’argent imprimé par la banque centrale, le P .I.B. devrait également croître en permanence… pour notre plus grand bonheur. Lire la suite…
Fin de partie pour le Japon ?
Le Japon va mal. Après avoir subi un P.I.B. négatif de 1% et de 5.5% respectivement pour 2008 et 2009, l’embellie de 2010 (+ 4.4%) a été cassée tout net par le séisme et le tsunami ayant résulté en un P.I.B. à 0.9% sur 2011. Mais pas seulement. La grande fermeté du Yen étouffe en effet le Japon. Exemple : les importations chinoises en provenance de ce pays ont chuté de plus de 16% en Décembre dernier par rapport à Décembre 2010 sachant que les importations de Taïwan, elles, ont baissé de plus de 6% sur cette même période. Honda n’a-t-elle pas décidé de construire ses usines de fabrication de son modèle hybride en Ohio aux Etats-Unis plutôt que dans son propre pays ? Du reste, ce transfert de production devient une tendance généralisée parmi les constructeurs automobiles nippons qui tentent ainsi d’amoindrir les effets dévastateurs du Yen. Bref, le Japon est tant et si bien sous respiration artificielle que sa banque centrale vient de porter son programme de baisses de taux quantitatives à une échelle supérieure, soit à un total de 836 milliards de dollars (65 trillions de Yens) qui seront injectés dans l’économie ! Lire la suite…
Le règne du cygne noir
Il n’est de pire aveugle que celui qui s’obstine à ne pas voir. Les principaux facteurs responsables des tourmentes de ces dernières années sont toujours à l’œuvre, quand ils n’ont pas été amplifiés et ce en dépit des déclarations de la communauté financière et des autorités qui se veulent rassurantes. Selon elles, les réformes systémiques auraient en effet été menées car les établissements financiers – nettement mieux régulés – travailleraient en provisionnant plus de capitaux. Pourtant, les déséquilibres commerciaux et financiers, creusés par une politique monétaire ultra-expansionniste ont été portés depuis 2008 à leur paroxysme… Pire encore : les banques, qui se retrouvent effectivement contraintes par des ratios plus stricts en matière de capitaux, se tournent vers les marchés des matières premières, des marchés émergents et des fonds spéculatifs (hedge funds), à la réglementation quasi inexistante, afin d’y réaliser des compléments de profits, au risque d’y gonfler une nouvelle bulle !
Occupé à remettre de l’ordre dans les ratios bancaires, le régulateur est donc – une fois de plus – pris de court par des intervenants financiers qui, motivés par la volonté de gagner encore et toujours plus, ont en permanence une bonne longueur d’avance. Autrement dit, le système est actuellement menacé d’implosion par une hyper-spéculation sur des classes d’actifs très peu réglementées menée par une profession qui ne se résout décidément pas à accepter des profits moindres que par le passé. Comment lui faire comprendre que les bénéfices des années 2000 à 2007 constituaient une anomalie malsaine et qu’il est impératif – pour la sauvegarde de notre activité économique – d’apporter une attention particulière à la gestion des risques et à la diminution massive des opérations à levier ? Lire la suite…
A quoi sert encore le G 20 ?
Ce groupement auto proclamé de nations représentant plus de la moitié du P.I.B. de la planète semblait pourtant déterminé à apporter des réponses constructives au lendemain du climax financier de l’automne 2008. Ne s’était-il en effet pas fermement engagé en Avril 2009 à des actions concertées afin de relever les défis et faire reculer les menaces de déliquescence du système ? Certes, les remèdes adoptés dans la foulée de ces meetings se bornèrent-ils à l’application de mesures Keynésiennes fort traditionnelles. Pour autant, cette détermination affichée au plus haut niveau offrait une lueur d’espoir dans le contexte général dramatique de l’époque. Lire la suite…
La malédiction de l’innovation financière
Effet de levier, produits dérivés dits « exotiques », marchés à terme, titrisation…Doit-on se méfier des innovations financières ? La Science Financière se doit-elle d’être considérée avec suspicion dès lors qu’elle innove? Il est en effet impossible de tolérer davantage la sophistication – voire l’esprit décadent – de certains produits financiers dont l’unique objectif est trop souvent l’enrichissement d’une certaine caste. Est-il judicieux pour autant de vouer aux gémonies l’ensemble des inventions financières ayant jalonné l’amélioration de notre niveau de vie? Après tout, nul ne songe à condamner internet pourtant à la base de l’implosion de la bulle des valeurs technologiques en 2000? Par ailleurs, le principe de la société anonyme et de la capitalisation boursière n’avait-il pas été accueilli avec grande méfiance au 19ème siècle par ceux qui étaient persuadés qu’il permettrait l’émergence d’entrepreneurs prompts à se défiler de leurs obligations? La responsabilité personnelle illimitée étant de mise à l’époque, comment envisager aujourd’hui le fonctionnement du monde économique et des affaires sans sociétés anonymes et sans bourses? Lire la suite…

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